D’où venons-nous ?

Des ancêtres célèbres ?

Selon un sondage réalisé par Étude Opinionway pour Filae en Novembre 2016[1], plus de 70 % des Français se déclarent intéressés par leurs origines et leurs racines. Une majorité d’entre eux (57 %) aimeraient bien découvrir un lien de parenté avec une personnalité.

La question de notre ascendance est bien légitime tant l’influence qu’elle peut exercer sur notre vie peut être importante. L’histoire de notre famille définit, en partie, notre éducation et notre statut social. Dans les Écritures, la généalogie occupe une place importante puisqu’elle implique, par exemple, le rôle qu’aura chaque membre des tribus d’Israël (Nb 18.1-8 ; 1 S 7.12-16.)[2]. Ainsi la tribu des lévites se voit confier la prêtrise alors que la tribu de Juda se voit octroyer la royauté.

Le Nouveau Testament lui-même se fait l’écho de cette place privilégiée qu’occupe la généalogie puisque les auteurs des évangiles de Matthieu et de Luc en intègrent une concernant la parenté de Jésus (Mt1.1-17 ; Lc 3.23-38).

Matthieu fait remonter l’ascendance de Jésus jusqu’à Abraham, dépositaire des promesses de Dieu pour son peuple. Luc la fait commencer avec Adam, le premier homme du récit biblique.

Je propose de regarder de plus près ces deux listes qui nous sont présentées. Après tout, consacrer sa vie entière à Jésus mérite au moins que l’on s’attarde un peu sur ses origines ! À bien des égards, ces généalogies reflètent ce que représente le Messie auquel nous accordons notre confiance.

La généalogie de Jésus selon Matthieu

Tout d’abord, les choix que fait Matthieu parmi les ancêtres de Jésus nous content une histoire d’Israël marquée par des promesses, dont les plus célèbres restent celles faites par Dieu à Abraham et David. Mais l’auteur exprime aussi le souci tout particulier d’intégrer les infidélités du peuple élu : les péchés et le jugement encouru (exode à Babylone). C’est ce que montrent par exemple la présence dans la généalogie de l’histoire trouble de Tamar, de l’adultère de David avec Beersheba et du meurtre d’Urie.

C’est aussi la fidélité et la grâce de Dieu qui sont retranscrites avec l’acceptation du fils illégitime de David, Salomon, et l’intégration au peuple d’Israël de deux femmes, Rahab et Ruth (Jos 2.8-13 ; Rt 1.16-17), qui trouvent leur place dans cette généalogie (rappelons que les femmes n’avaient pas leur place dans les généalogies juives) suite à leur confession de foi ! La mention même du roi Manassé, que le Seigneur a pardonné alors qu’il était le pire d’entre les rois d’Israël  (2 Ch 33), devrait nous laisser perplexe, définissant l’étendue de la bonté de Dieu de manière spectaculaire.

  • En effet, c’est l’Éternel votre Dieu qui est Dieu, en haut dans le ciel et ici-bas sur la terre (Josué 3.11 ; paroles de Rahab).
  • Ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu (Ruth 1.16 ; paroles de Ruth).
  • La prière [de Manassé] et l’exaucement que Dieu lui accorda, toutes ses fautes et son infidélité envers Dieu, tout est cité dans les Actes de Hozaï (2 chroniques 33.19).

Jésus est donc présenté comme le garant de la fidélité de l’Éternel, qui accomplit sa promesse d’établir un messie malgré les infidélités de son peuple. Un messie qui s’incarne dans la faiblesse des hommes et dans la grâce, la bonté et la justice de Dieu.

La généalogie de Jésus selon Luc

Ensuite, dans l’évangile de Luc, c’est le Fils de l’homme qui est mis en avant. Partant de Joseph pour revenir à Adam, nous sommes invités par l’auteur à constater que Jésus est solidaire de l’humanité dans laquelle il s’inscrit et s’incarne. Le souhait constant de définir Jésus comme un nouvel Adam nous permet de balayer plus de 2000 ans d’histoire, en rencontrant quelques noms connus et d’autres personnages plus anonymes. La généalogie nous laisse le sentiment que Jésus vient accomplir le dessein que Dieu avait prévu pour  l’humanité et dont nous serons les bénéficiaires.

Un dernier élément ne doit pas nous échapper à la lecture de ces deux généalogies. Elles convergent l’une et l’autre vers Joseph et non vers Marie. C’est Joseph qui transmet à son fils Jésus son origine et ses racines. Pourtant Joseph n’est pas le père biologique de Jésus ! Il convient alors de s’attarder quelques instants sur cette adoption. En prenant Marie pour femme, Joseph adopte Jésus qui devient donc son fils, son descendant légitime. Jésus proposera à chacun d’entre nous le même parcours, faisant de nous des enfants adoptifs de Dieu et devenant héritiers de sa gloire (voir 1 P 1.3-5).

  • Ils ont cru en lui. A tous ceux-là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu (Jean 1.12).
  • Vous avez reçu l’Esprit Saint qui fait de vous des fils adoptifs de Dieu. Car, c’est par cet Esprit que nous crions : Abba, c’est-à-dire Père ! (Romains 8.15).

En tant que chrétien, le lien de parenté avec une personnalité célèbre nous est acquis… et quelle illustre personne : le Fils de Dieu lui-même !

[1] OpinionWay pour Filae – Les Français et la généalogie – Novembre 2016

[2] Être membre d’une tribu implique également un lieu d’habitation définie : Josué 13-22

Abonnez vous à notre Newsletter et recevez gratuitement les nouveaux articles par mail