Témoignage d’Aurore, théologico-dépendante
Aurore Crosta
Auteur:

Bonjour, je m’appelle Aurore et je suis théologico-dépendante…

Tout a commencé lorsque j’étais petite, j’aimais écouter les adultes parler des heures de Dieu. Je faisais semblant de monter me coucher mais je me cachais derrière la porte et j’écoutais leurs conversations jusqu’au petit matin. Lorsque j’ai grandi et malgré mes éloignements, Dieu m’a toujours accompagnée et j’ai toujours eu dans un coin de la tête l’envie d’étudier sa parole.

Et puis un jour, quelque temps après mon baptême, je suis totalement tombée dedans. Je suis devenue dépendante…

Je ne pouvais plus résister à l’attraction de sa Parole. Au début je lisais la parole seule, jusqu’à pas d’heure quitte à passer des nuits blanches, puis ne pouvant répondre seule à toutes mes questions j’ai commencé à aller à des études bibliques, au début, une par semaine, puis deux et même jusqu’à trois ! Je voulais extraire de chaque mot, de chaque phrase les promesses de Dieu, pour comprendre qui est celui qui m’a tout donné, à moi, qui n’était rien.

Et un jour les choses ont vraiment basculé… A force de poser des questions on m’a simplement dit : « Aurore, vas poser tes questions à l’institut biblique ». Je me suis donc inscrite à l’Institut Biblique de Nogent sur Marne. J’y ai passé trois ans… trois années de théologie, des dizaines de cours différents, des centaines d’heures en classe, des milliers de pages de lecture ; je ne comptais ni les nuits blanches, ni ne regardais à la fatigue et au manque de sommeil, j’étais dedans jusqu’au cou, jusqu’au cœur et même jusqu’à me laisser transformer…

Que de folies me direz-vous, mais la théologie à cet effet-là : elle ne rend pas plus légaliste ou plus hérétique, elle ouvre les yeux sur quelque chose de tellement plus grand, plus merveilleux et plus beau, elle permet de percevoir une infime parcelle de qui est notre Dieu et Seigneur ; à tel point qu’au bout de trois années il m’en fallait plus.

J’étais venue avec 25 questions sur un petit papier, je suis repartie avec le triple dans mon ordinateur. Alors que faire ? Après une longue réflexion de deux minutes (oui je suis impulsive), je me suis inscrite à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine. Je viens donc de terminer ma quatrième année de théologie. Et j’ai encore faim de la parole, encore soif de Dieu… Même, je me demande si je ne suis pas plus affamée qu’avant !

Ce que j’ai appris

Je suis venue avec des questions, certaines ont trouvées des réponses, d’autres non, certaines en ont même soulevées d’autres, et pour beaucoup j’ai compris qu’il n’était pas forcément bon de se poser trop de questions… Je suis venue avec des objectifs, un seul a été atteint, d’autres se sont noyés rapidement, de nouveaux sont apparus, certains ont été oubliés… Mais il faut reconnaître une chose, ce n’est pas la même personne qui est entrée en études de théologie qui en ressort aujourd’hui. Dieu travaille, et il travaille sacrément bien !

Je pense que le domaine dans lequel j’ai le plus appris c’est celui de la vie communautaire. Lors de mes études, j’étais au foyer étudiant, et il est une chose de penser que la vie dans l’église est compliquée, il en est une autre de supporter ses frères et sœurs 24h/24, 7 jours sur 7. La vie communautaire est source de joie et de défis. Cela fait entièrement partie de la formation du responsable d’Église, au même titre que les cours de dogmatique ou de missiologie, et est aussi important que les stages pratiques. C’est lorsqu’on est confronté aux autres qu’on découvre, non pas leurs défauts, mais nos propres limites. C’est dans la vie communautaire que j’ai le plus appris sur Dieu et sur moi même.

En tout cas une chose est sûre : une fois qu’on a goûté à la théologie, on ne peut plus s’en passer et c’est une bonne chose. En quatre ans on ne voit qu’une partie infime d’un tout tellement plus grand. Et je souhaiterai dire à ceux qui ont encore des années d’études à vivre, de les vivre à 200%. A ceux qui hésitent : arrêtez de vous poser des questions, franchissez le pas. Et à ceux qui ont terminé : n’oubliez jamais pour qui vous avez commencé à étudier.

NDR : cet article est la retranscription du discours d’Aurore lors de la remise de son diplôme en juin 2017. Elle est maintenant au Japon pour mettre en pratique ce qu’elle a pu apprendre (et manger des sushis …).

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