Un vrai jeu de société axé sur la Bible : bienvenue dans “Fouilles en Galilée”

Un vrai jeu de société axé sur la Bible : bienvenue dans “Fouilles en Galilée”

Avec les perspectives de déconfinement et les (petits) rassemblements autorisés, quoi de mieux que de sortir un nouveau jeu de société ? Et comme les vrais jeux de société bibliques sont rares, le nouveau « Fouilles en Galilée » vaut le détour. Présentation, avec l’un des créateurs Nicolas Fouquet, d’une bonne idée de cadeau…

Point-Théo : Bonjour Nicolas, peux-tu présenter le jeu ?

Vous êtes prêts à basculer dans le futur ? L’année : 2084. Suite à une terrible panne informatique, toute l’information numérisée a disparu… la Bible aussi. Heureusement, nous faisons la redécouverte de fragments du texte ancien en Galilée et des archéologues sont dépêchés sur place pour reconstituer le texte. Voilà, vous êtes plongés dans le jeu “Fouilles en Galilée” ! Rassemblez trois à cinq personnes, à partir de douze ans, durant une heure, pour reconstituer et redécouvrir deux textes de la Bible : l’évangile de Jean et le livre de la Genèse. Les règles ne sont pas compliquées, on peut recourir à différentes stratégies et il y a des niveaux de difficultés différents. Le but est de rassembler le plus de fragments possibles, avant les autres joueurs. C’est donc un jeu de plateau, avec lequel on est amené à entrer en contact avec le texte biblique de manière différente. Nous avons fait en sorte que ce ne soit pas un jeu de connaissance biblique pure, comme certains jeux du passé, mais avec un vrai aspect ludique. Celui qui a des connaissances sera certes avantagé, mais nous avons mis en œuvre des jetons bonus qui relèvent plus de la stratégie, pour compenser. Nous nous sommes inspirés de jeux comme “Timeline” pour la dynamique de reconstruction du texte (en plaçant des événements avant ou après d’autres), et “Mille Bornes” pour l’aspect interactif. L’objectif a été de créer un jeu autour de la Bible, pour rendre la Bible accessible. Mais il faut que ça reste un jeu de société, avec une mécanique bien huilée. Les gens sont habitués à jouer à Colons de Catane et aux Aventuriers du rail, donc il faut assurer ! Et derrière il faut quand même faire passer un message.

P.T. : Pourquoi avoir choisi le livre de la Genèse et l’évangile de Jean ?

Pour cette première édition, il était intéressant de prendre un évangile. L’évangile de Marc semblait trop court, l’évangile de Jean semblait avoir la taille suffisante pour durer une heure. Une fois qu’on joue avec l’évangile de Jean, on redécouvre la vie de Jésus, et, à partir de la moitié du plateau, la dernière semaine de sa vie. Les découvertes peuvent être surprenantes ! Pour ajouter de la jouabilité, on a rajouté une partie au verso avec la Genèse, un livre plus accessible, avec un découpage intéressant : il y a une vraie chronologie et on suit des cycles. Pour les enfants, cela peut être plus simple. Donc on conseille de commencer par ce livre de la Genèse.  Et puis pour l’avenir des extensions seraient tout à fait possibles avec d’autres libres de la Bible. On peut coupler plusieurs petits prophètes par exemple. Le livre des Actes serait passionnant à faire aussi. Mais tout cela dépend du succès de la première édition…

La partie “verso” du jeu avec le livre de la Genèse.

P.T. : Comment est venue l’idée de ce jeu de société ?

Tout a commencé au weekend « Hack my Bible », un événement de l’Alliance Biblique Française qui a rassemblé des gens d’horizons différents, sur des idées innovantes autour de la Bible. Le vendredi soir les gens ont fait un pitch de différentes idées, on a voté pour en retenir certaines, des équipes se sont ensuite constituées pour se pencher sur les idées. Eduardo Queiroz Peres a lancé le principe de base, on s’est greffé à trois et on a formé une équipe. On ne se connaissait pas au départ mais ça a très vite bien pris. L’idée partait des vidéos de « The Bible Project » qui montrent bien la structure d’ensemble de chacun des livres bibliques et sa cohérence. L’objectif d’avoir cette big picture est l’idée de notre jeu “Fouilles en Galilée”. Ceci pour avoir une meilleur compréhension du livre biblique dans son ensemble. Lors du weekend, c’était motivant d’avoir déjà l’éditeur Biblio plus ou moins acquis avant de se lancer, on se devait d’avoir un projet aboutit. Nous avons commencé en septembre 2019, le jeu est sorti il y a quelques semaines.

L’idée partait des vidéos de « The Bible Project » qui montrent bien la structure d’ensemble de chacun des livres bibliques et sa cohérence.

Nicolas Fouquet
Les quatre créateurs du jeu de société (Nicolas Fouquet, Guillaume Frederick, Arthur Fourniol, Eduardo Queiroz Peres) et leur prototype.

P.T. : Quel est l’avantage du jeu de société ?

En jouant, on peut apprendre et acquérir certaines choses. Il y a une vraie force à l’aspect ludique. Cela peut permettre de rouvrir sa Bible, de côtoyer le texte biblique pour des gens qui en sont loin, jeunes ou moins jeunes. Le jeu est un stimulant pour la lecture de la Bible : il pousse à relire l’évangile de Jean pour jouer par la suite. Ce jeu demande au moins une connaissance culturelle de la Bible. Mais il peut être intéressant à utiliser à la fin d’un cheminement pour des gens qui découvrent la Bible.

P.T. : Comment s’est fait le travail ensemble ?

À la fin du weekend, nous avions le prototype sur l’évangile de Jean. Mais il restait beaucoup de travail : nous avons effectué de nombreux tests pour affiner les règles, nous avons ajouté des bonus, nous avons créé la partie sur le livre de la Genèse. Dans l’équipe, nous avons tous travaillé dessus, l’un travaillait avec les fabricants, l’autre avec le graphiste, un autre encore sur la plate-forme de crowd-funding pour la sortie du jeu… Chacun avait aussi créé son propre prototype et le testait de son côté. On se faisait des réunions régulièrement pour faire le point. Nous avons testé sur des tranches d’âge précises, lors de soirées de groupes de jeunes, de repas ou autres. Les gens se sentaient impliqués dans le processus et on a reçu beaucoup de critiques positives.

Une phase de test du jeu.

P.T. : Tu as déjà créé un premier jeu de société en 2018 (Les villageois de Baobilla, avec l’association du SEL), d’où vient cette passion pour les jeux de société ?

J’ai toujours été dans une culture du jeu en étant enfant. J’ai la conviction que le jeu peut apporter un message. Mais on se rend compte aussi qu’il y a peu de jeux chrétiens, donc je suis ravi si je peux contribuer à combler ce manque. Le premier jeu “Les villageois de Baobila” était autour du thème de la pauvreté. Et je me suis rendu compte que je pouvais utiliser toute cette expérience, ces contacts pour la suite. Pour ce second jeu, focalisé cette fois sur la Bible, la réalisation a été différente : on a sorti un prototype très rapidement et qui nous semblait déjà pas mal. La phase de test ensuite était géniale, avec la satisfaction d’avoir des retours. Grâce aux critiques, on a pu faire des aménagements mais aussi voir qu’on était sur la bonne voie. On sentait que le jeu tenait la route lorsqu’on voyait ce que cela suscitait chez les personnes.  De mon côté, élaborer ce jeu m’a permis de relire tout le livre de la Genèse et celui de l’évangile de Jean en peu de temps ! Je crois que j’ai une assez bonne connaissance des livres maintenant, après les avoir lus, relus et découpés dans tous les sens !

P.T. : D’autres idées pour la suite ?

Oui, au niveau personnel, j’ai une autre idée de jeu biblique dans laquelle j’aimerais bien me lancer. À plus long terme, l’autre grand projet c’est de créer des formations à la création de jeu, pour encourager d’autres personnes à se lancer et susciter un élan. L’objectif serait d’accompagner les personnes à travers les différentes étapes de la conception d’un jeu, de mettre en valeur la créativité et aussi de fournir un réseau. Tout ce qui est indispensable pour créer un jeu.

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