Une foi à l’ère des réseaux sociaux – Partie 2 – La bataille de notre temps

Une foi à l’ère des réseaux sociaux – Partie 2 – La bataille de notre temps
Manu Bastard
Auteur:

Quel est l’impact des réseaux sociaux sur notre société, sur l’Église et sur notre vie chrétienne ? Dans cette courte série d’articles, nous réfléchissons ensemble à ce vaste sujet en tentant d’en tirer des applications pratiques pour notre vie quotidienne. Si vous avez manqué le premier article de cette série, c’est par ici !

Facebook et Instagram proposent depuis peu la possibilité de connaître le temps passé sur leur application au cours de la journée. Cette nouvelle fonctionnalité plutôt bien cachée dans l’application n’est certainement pas une initiative des plateformes elles-mêmes, mais fait suite à la pression constante des utilisateurs et des associations pour la rendre disponible à tous.  Si vous utilisez leurs applications, je vous encourage à y jeter un œil. Vous pourriez être surpris. 

Car, que nous en soyons conscients ou non, nous passons une partie importante de nos journées à faire défiler ce fameux fil d’actualité. Nous apprenons le déménagement d’un ami d’enfance, qu’untel est en couple avec untel, puis nous défilons les superbes photos de vacances de nos collègues en Espagne, puis nous tombons sur cette hilarante vidéo de chat, qui nous amène ensuite à cette autre vidéo de chat mais cette fois si avec un perroquet, et ainsi de suite. Alors qu’au départ nous voulions simplement jeter un petit coup d’œil, nous y voilà depuis une vingtaine de minutes. Et quelques heures après, nous y revoilà ! 

Le temps c’est de l’argent

Notre temps : il n’est rien de moins que la base du modèle économique de ces plateformes. En effet, plus les utilisateurs consomment du contenu et passent du temps à naviguer sur le réseau social, plus ceux-ci seront exposés à des publicités. Or, il faut bien savoir que les recettes publicitaires représentent près de 90 % des revenus du groupe Facebook (qui possède Facebook, Instagram et WhatsApp). Notre temps, c’est donc, pour les réseaux sociaux, de l’argent. 

Les recettes publicitaires représentent près de 90 % des revenus du groupe Facebook. […] Notre temps, c’est donc, pour les réseaux sociaux, de l’argent. 

Et tous les moyens sont bons pour nous inciter à en passer davantage. De nombreuses fonctionnalités participent à cet objectif : les notifications Push, le fil d’actualité infini qui change à chaque actualisation, les vidéos qui se lancent automatiquement et qui en déclenchent d’autres, les suggestions de contenus et d’amis, etc. Nombreux sont les maniaques (comme l’auteur de cet article) qui ne peuvent s’empêcher de regarder, comme instinctivement, chaque nouvelle notification. Rajoutons à cela la possibilité, grâce à notre smartphone, d’y accéder à n’importe quelle heure et de n’importe quel endroit (nous consultons notre mobile en moyenne 150 fois par jour !), et nous voilà, en deux temps, trois mouvements, victimes d’un désir compulsif de connaitre LA nouvelle information, en recherche d’un shoot de notification et de messages instantanés. Cela au prix de notre temps … 

Des frais cachés ?

Mais des études récentes montrent que l’impact de ces incitations constantes va au-delà de notre temps. Il touche à notre capacité même à réfléchir ! En étant perpétuellement distraits par de nouvelles informations dans notre quotidien, au travail, à l’école, en étant habitués à faire toujours plusieurs choses en mêmes temps, nous perdons notre capacité à nous concentrer, à trier et traiter ce flux permanent de données. Or, notre cerveau a biologiquement besoin de calme et de concentration pour nous permettre de réfléchir. Sans ces deux éléments qui peuvent paraître aujourd’hui archaïques, l’information que nous recevons ne peut pas passer de notre mémoire instantanée à notre mémoire à long terme.  

Notre cerveau a biologiquement besoin de calme et de concentration pour nous permettre de réfléchir.

De même, aussi surprenant que cela puisse être, le cerveau a besoin de s’ennuyer, c’est-à-dire de fonctionner en roue libre, pour créer des liens entre les informations et ainsi être capable de créativité et d’imagination. Ce flux permanent d’informations et de sollicitations nous empêche d’une certaine manière de réfléchir. 

Un risque pour notre foi

Mais il est probable que ce phénomène touche aussi notre spiritualité au quotidien…  Peut-être sommes-nous aujourd’hui plus facilement déconcentrés dans notre lecture personnelle de la Bible ou dans notre vie de prière ? Peut-être que ce besoin constant d’immédiateté se retranscrit d’une certaine manière dans notre manière de réfléchir, de réagir, de vivre l’Église ? Le risque est de voir apparaitre une Église qui est exposée de manière permanente à des messages « chrétiens » et à des versets, mais qui en réalité ne les médite plus. Une Église qui n’étudie plus la Parole en profondeur, une Église qui a des oreilles mais qui n’écoute plus ce que l’Esprit dit aux Églises. 

Le risque est de voir apparaitre une Église qui est exposée de manière permanente à des messages « chrétiens » et à des versets, mais qui en réalité ne les médite plus. 

Peut-être avons-nous besoin de gagner la bataille de notre temps et de notre attention… Le défi devant nous semble paradoxal : réapprendre à apprendre. 

 

–  Quelques petites astuces au quotidien –

    • Faire régulièrement le tri dans les paramétrages de vos notifications
    • Ne pas hésiter à utiliser le Mode Avion ou le Mode Nuit. Pourquoi ne pas l’activer automatiquement à certaines heures ?
    • Aller parfois jeter un œil aux statistiques de vos temps passés en moyenne sur les réseaux sociaux (disponible uniquement si vous utilisez les applications mobiles)
    • Installer des applications ou extensions de navigateur qui limitent l’accès à certains sites ou applications à certaines heures (l’application « Moment » disponible sur iOS et Android par exemple)
    • Planifier et respecter un temps quotidien pour lire la Bible et méditer en profondeur (par exemple avant d’aller vous coucher) en essayant de laisser votre téléphone de côté
    • En parler à vos proches ou lors d’un groupe de maison : chacun a ses petites astuces bonnes à partager !

Rendez-vous dans le prochain article pour continuer la réflexion ! 

Pour aller plus loin

 

Ce contenu a été initialement rédigé pour la Revue de l’Union de l’UEEL, et reproduit sur Point-Théo avec leur aimable autorisation. Nous les en remercions !

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